vendredi 18 juin 2010

Blogue et publicité : certaines règles à respecter


Créer un publireportage vidéo et le diffuser sur Youtube
pour annoncer le lancement de votre nouveau produit
révolutionnaire est devenu chose courante.

Par Annie Laforest

Les nouvelles technologies offrent, par le biais du Web 2.0, une panoplie de moyens et de ressources promotionnelles nouvelles. Créer un publireportage vidéo et le diffuser sur Youtube pour annoncer le lancement de votre nouveau « Sham Wow» révolutionnaire; (YouTube. 2010) Ouvrir votre chaîne radio pour supporter le lancement de votre nouvelle communauté virtuelle; (BlogTalkRadio. 2010) Mettre sur pied une campagne publicitaire textuelle grâce à Google Adwords ; (Adwords. 2010) Publier des communiqués de presse par l’intermédiaire de sites de partage de contenu ou utiliser des forums pur témoigner… La liste est longue, mais parmi toutes ces possibilités, le blogue est une technologie intéressante à évaluer pour les entreprises et les marques de commerce.

En effet, l’utilisation des blogues à des fins publicitaires ou promotionnelles peut être une excellente stratégie de visibilité et de mise en marché. Cependant, ce moyen doit être manipulé judicieusement, car il peut se transformer en anguille ou en savon et vous filer rapidement entre les mains si vous n’y accordez pas toute l’importance qu’il requiert. Il deviendra alors difficile à saisir et à maîtriser si vous ne respectez pas les règles de base qui sous-tendent l’utilisation de cette nouvelle technologie. Tout ce qui y est publié pourrait être retenu et utilisé contre vous à un moment ou à un autre. À l’inverse, les blogues pourront aussi vous propulser, ou à tout le moins, vous maintenir sous votre bonne étoile.

Dans son livre « Blogueur d’entreprise », Nonnenmacher résume bien les règles d’usage d’un blogue. « Si vous créez un blogue que vous désignez clairement comme tel, sachez que vous créez auprès de vos visiteurs l’attente que ce blogue respecte l’esprit et les valeurs désormais attachés à cette forme de communication, à savoir : l’authenticité, la transparence, l’ouverture, la spontanéité, la réactivité et une certaine humilité sans lesquelles les échanges ne peuvent pas se faire naturellement et, surtout, qui font la différence entre un blogue et un énième site institutionnel, publicitaire ou marketing. » (Nonnenmacher. 2006)

Il est donc indispensable de montrer en toute honnêteté qui vous êtes à l’internaute avec qui vous êtes en relation (ou l’entreprise que vous représentez). Car il s’agit bien de cela. Tout est question de relation sur le Web 2.0. Autrement dit, il est important de préciser et de peaufiner le profil du blogueur et/ou de l’entreprise, de définir et de préciser la ligne éditoriale du blogue, d’afficher ouvertement ses couleurs, de prendre position le temps venu et même d’avouer et de reconnaître ses mauvais coups aussi bien que ses meilleurs. Proposez des pistes de solutions ou demandez que l’on vous en propose. Si cela vous rebute, n’utilisez pas le pouvoir qu’offrent ces nouvelles technologies, car leurs réseaux pourraient bien vous utiliser…

Si vous acceptez les règles qu’impose le Web social actuellement, vous pourrez alors proposer à l'internaute de construire avec vous votre projet, projet qui pourrait aussi devenir le sien. Rappelez-vous que ce phénomène est tentaculaire… Les relations que vous nouerez seront multidirectionnelles et interactives : il n’y aura plus de notion de hiérarchie ou de jeux de pouvoir. Un dialogue d’égal à égal se mettra en place, un échange de point de vue se profilera naturellement. En adoptant cette attitude, vous motiverez l’internaute à vous suivre et cette interactivité franche et honnête supportera votre démarche publicitaire. Votre crédibilité y gagnera tout autant.

Le 25 juin 2008, l’entreprise Kodak a créé un forum sur son blogue
la photo numérique et à inviter ses inconditionnels à les rejoindre
et à échanger avec Olivier Claude, directeur général pour la France.

Le 25 juin 2008, l’entreprise Kodak a créé un forum sur son blogue la photo numérique et à inviter ses inconditionnels à les rejoindre et à échanger avec Olivier Claude, directeur général pour la France. (Kodak. 2010) Le blogue étant par essence un espace vivant et évolutif, l’entreprise a invité les utilisateurs à leur poster toutes remarques ou suggestions, bonnes ou mauvaises. Depuis ce temps, elle répond aux questions des clients et si problèmes il y a, elle tente de trouver des solutions en collaboration avec les utilisateurs du produit. Ce comportement positif et responsable de la part de l’entreprise a permis en grande partie à Kodak de traverser le virage de l’argentique au numérique. Une fois cette proximité installée auprès des consommateurs, comme Kodak a su le faire, l’internaute viendra de lui-même à vos rendez-vous et il aura le plaisir de se connecter, de le dire et de le faire savoir : votre projet peu formalisé au début prendra forme progressivement. Le buzz se mettra en marche naturellement et sans artifice particulier.

Lorsque la relation avec l’internaute sera véritablement vivante et réciproque, alors votre clientèle sera conquise!

BIBLIOGRAPHIE

BlogTalkRadio. 2010. Conversation Papillon. URL : http://www.blogtalkradio.com/conversationpapillon. Consulté le 15 juin 2010.

Kodak. 2010. Les interviews du Lab : Pourquoi un « Blog Kodak » ? http://kodakcreativelabs.wordpress.com/2008/07/07/les-interviews-du-lab-pourquoi-un-blog-kodak/. Consulté le 15 juin 2010.

Nonnenmacher, François. 2006. Paris. Blogueur d’entreprise. Éditions d’Organisation. p. 155

YouTube. 2010. Sham Wow...the LOW BUDGET informercial. URL : http://www.youtube.com/watch?v=Ns4mnmNBk1Y&feature=related. Consulté le 14 juin 2010.

lundi 7 juin 2010

Culture en péril

En 2008, le gouvernement conservateur canadien multiplie les gestes à l’encontre des artistes et de la culture. Le ministre du Patrimoine, James Moore, en rajoute en déclarant que dorénavant la culture doit être au service de la politique, au service de l’unité canadienne.

À la lumière de cette attitude inquiétante de la part du ministre Moore, et du gouvernement Harper, un regroupement d’artistes citoyens commence à craindre que seuls les projets cadrant dans l’idéologie et les valeurs conservatrices soient désormais considérés et par le fait même, subventionnés.

Ces artistes jugeant que la minorité francophone du Canada ne doit pas rentrer dans le rang décident de prendre actions et de réaliser une vidéo dénonciatrice des pratiques douteuses du gouvernement canadien. Leur message est clair : les artistes québécois ont réellement besoin de ces programmes et considèrent qu’il est impératif de les remettre en place le plus rapidement possible.

Michel Rivard, Stéphane Rousseau et Benoît Brière, des artistes québécois bien connus, ont uni leurs efforts pour produire cette vidéo illustrant jusqu’où pourrait mener un gouvernement conservateur majoritaire dans le domaine de la culture, vidéo qui sera déposée sur YouTube le 18 septembre 2008. (Rivard, Michel. 2008.) Dans ce document on voit un artiste, Michel Rivard, qui se présente devant un jury anglophone pour tenter d’obtenir une subvention afin de faire connaître ses chansons à l’extérieur du pays. Malheureusement, la communication entre les anglophones et l’artiste francophone est à son plus bas niveau.

En date du 7 juin 2010, elle aura été visionnée 695 625 fois et reprise sur plusieurs blogues ou sites Internet par des individus supportant (ou non) la cause des artistes.
Ce geste posé par ces artistes citoyens aura eu pour effet la prise de position sur le Web de plusieurs autres citoyens, regroupements ou journalistes professionnels. La page web du blogueur Marc Gauthier « Culture en péril avec Michel Rivard, Benoit Brière et Stéphane Rousseau » (Gauthier, Marc. 2008) ou le billet « Clip de Rivard et cie… Clip anonyme? » du journaliste Alain Brunet (Brunet, Alain. 2008) illustre bien le phénomène. Cet exercice de relation publique fut extrêmement efficace et a suscité de nombreuses réactions dans les médias traditionnels.

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Bibliographie

Brunet, Alain. 2008. Clip de Rivard et cie… Clip anonyme?
22 septembre 2008. En ligne. URL : http://blogues.cyberpresse.ca/brunet/2008/09/22/clip-de-rivard-et-cie-clip-anonyme/. Consulté le 7 juin 2010.

Gauthier, Marc. 2008. Culture en péril avec Michel Rivard, Benoit Brière et Stéphane Rousseau. En ligne. URL : http://www.marcgauthier.com/blog/2008/09/20/culture-en-peril-avec-michel-rivard-benoit-briere-et-stephane-rousseau/. Consulté le 7 juin 2010.

Rivard, Michel. 2008. Culture en péril. En ligne. URL : http://www.youtube.com/watch?v=UrATQeLLKX0. Consulté le 7 juin 2010.

dimanche 6 juin 2010

Chacun a droit à son histoire

par Annie Laforest



Internet bouleverse l’univers des communications et remet en question les pratiques des médias traditionnels. Je dirais même que depuis la venue du Web 2.0, la profession journalistique doit être vue comme une profession en transition ou en mutation. Tout citoyen peut devenir journaliste et par le pullulement des nouveaux médias, peut trouver un auditoire réceptif à son message.

Je ne cherche pas l’événement qui me fournirait l’occasion de sortir mon cellulaire et de capturer « LA » photo ou « LES » images qui pourraient faire le tour de la Terre, mais je suis heureuse que d’autres le fassent librement.

Aujourd’hui, tout le monde peut s’exprimer ou reporter la nouvelle sans égard à son statut, à son style d’écriture, souvent sans respecter les principes de factualité ou d’objectivité. Mais au-delà de ces accrocs aux conventions, cette presse libre nous offre un autre regard sur le monde. Un regard libre et nécessaire!

«Si entre 1830 et la fin du XIXe siècle, une conception non partisane et strictement factuelle de l’information a progressivement gagné en légitimité, le “reportage objectif” n’est pas pour autant devenu la norme dominante du journalisme aux États-Unis. Schudson montre bien qu’au début du XXe siècle, contrairement à beaucoup d’idées reçues, le principe de la narration — le fait de “raconter une belle histoire” — était supérieur à celui de la factualité — “donner les faits” et seulement les faits. Ainsi, désireux de “raconter des histoires”, les journalistes se montraient moins enclins à restituer sommairement les faits qu’à les interpréter à leur manière en élaborant un style d’écriture personnel susceptible de plaire au plus grand nombre. » (Estienne, Yannick. 2007.)

Sur Internet, chacun peut « raconter son histoire », la réécrire, la filmer et la diffuser de la façon qu’il juge la plus adéquate. Chacun y va de son commentaire. Il est vrai que cette libéralisation de l’information peut donner lieu à certains débats sur la place publique, de par la façon dont le contenu est repris et diffusé, de par le respect des règles, usages et procédures à respecter.

Cet article que j’ai consulté dernièrement sur Cent Papiers, le journal citoyen du Québec pour la francophonie, en est un exemple. Le blogueur Allain Jules y publie un texte intitulé « Assaut d’Israël : conséquences et inconséquences » dans lequel il a repiqué des photos et une vidéo provenant de SkyNews, un média multiplateforme réputé. Ce contenu est réutilisé sur son blogue personnel (Jules, Allain. 2010) et la vidéo est re-publiée sur sa page YouTube (Jules, Allain. 2010), sans autorisation apparente ni lien quelconque vers la source. Il y a certes lieu de se questionner sur la forme, mais selon moi, ce genre d’information doit se démultiplier.

Ce genre de démarche m’amène cependant à me demander si le journalisme tel qu’on le connaît aura toujours sa place dans le fait divers et dans la couverture de l’actualité. Et si les médias tels qu’on les connaissait avant le Web 2.0 peuvent continuer à occuper la même place qu’ils occupaient auparavant.

Interrogé le 2 juin 2010 lors de la conférence All Things Digital, en Californie, Steve Jobs a affirmé d’entrée de jeu que les médias jouent un rôle important pour la société. « Une de mes croyances est que toute démocratie dépend d’une presse en santé, a dit Steve Jobs. Je ne veux pas que nous devenions un pays de blogueurs. Nous avons besoin du contenu éditorial plus que jamais. » (Munger, Michel. 2010)

Quoi qu’il en soit, tous ces changements peuvent apporter une valeur ajoutée à l’univers des communications et à la profession journalistique. Le journalisme citoyen se base sur l’information de proximité en se concentrant sur des faits ignorés par les médias existants ou délaissés par les institutions locales. (Élien, Rachelle. Délice, Frantz. 2008) À mon avis, toute source d’information est valable lorsqu’elle suscite le dialogue et inspire la réflexion.

--Bibliographie

Élien, Rachelle; Délice, Frantz. 2008. Vers un journalisme citoyen en Haïti. Media Development. Vol.55 Issue 2, p.21-26.

Estienne, Yannick. 2007. « Le travail de journaliste Web ». Le journalisme après Internet. Paris: L'Harmattan. Coll. Communication et Civilisation, pp. 167-185.

Jules, Allain. 2010. «Assaut d’Israël: conséquences et inconséquences». 1 juin 2010. En ligne. URL : http://www.centpapiers.com/assaut-d%E2%80%99israel-consequences-et-inconsequences/14758/. Consulté le 04/06/2010.

Jules, Allain. 2010. MASSACRE ISRAÉLIEN. 31 mai 2010. En ligne . URL : http://www.youtube.com/user/allainjules. Consulté le 04/06/2010.

Munger, Michel. 2010. Steve Jobs défend les médias traditionnels. 03/06/2010. En ligne. URL : http://www.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2010/06/20100603-091355.html. Consulté le 04/06/2010.

dimanche 30 mai 2010

Le téléphone intelligent au service de la culture

par Annie Laforest

L'homme a parfois tendance à occulter le fait que l’introduction d’une technologie nouvelle peut bouleverser en profondeur nos sociétés. Une des innovations technologiques qui est au cœur de ce processus actuel de transformation est la venue du téléphone intelligent. Bien plus que de nous permettre de communiquer, ce petit appareil nous ouvre à tous les réseaux. Et l’univers culturel n’y échappe pas. Comme l’écrit Pascal Lardellier, « la culture, qui n'est pas pure abstraction, est faite d'idées matérialisées. Les oeuvres prennent toujours une forme concrète, tributaire des inventions d'une époque. À ce titre, les évolutions techniques entraînent souvent d'importantes révolutions culturelles.» (Lardellier, Pascal. 2006.)

Les évolutions techniques entraînent souvent
d'importantes révolutions culturelles.

D’écran en écran, nous dérivons vers une communication renouvelée qui se déploie dans un mode de vie différent. De l’écran du téléviseur, nous sommes passés à celui de l’ordinateur pour aboutir à l’écran miniaturisé d’un téléphone intelligent qui tient dans la paume de notre main. On appelle même ce dernier le « troisième écran ». (Frieden, Robert. 2009)

Ce téléphone portable (aussi appelé Smartphone ou ordiphone) intègre les fonctions d'un ordinateur de poche. Il permet la navigation web, l'enregistrement d'informations, la gestion des emails, la lecture des vidéos et l'installation de programmes. (Dicodunet. 2010.) Sur Wikipédia, on peut lire que le téléphone intelligent « est un téléphone mobile disposant aussi des fonctions d'un PDA. Il peut aussi fournir les fonctionnalités d'agenda/calendrier, de navigation web, de consultation de courrier électronique, de messagerie instantanée, de GPS, etc. »(Wikipédia. 2010) Cet ordinateur miniature possède de multiples fonctionnalités multimédias (appareil photo, lecteur MP3, player vidéo) et l’accès à haut débit mobile. Il permet aussi l’installation d’applications additionnelles. Ces « apps » comme on les appelle, peuvent être développées par le fabricant, par l'opérateur, mais aussi par n'importe quel autre éditeur de logiciel ou individu qui en verrait l’utilité dans son domaine d’activité. De ce fait, un communicateur aguerri ou encore un responsable touristique ou culturel trouvera sûrement dans ces nouvelles applications, des fonctions ou utilités qui pourraient vite se transformer en une valeur ajoutée dans sa stratégie communicationnelle.

Revoir sa façon de faire

Avec ce type d’appareil, n’importe quel quidam peut se transformer en redoutable « correspondant sur le terrain » qui a le pouvoir de reporter la nouvelle, de pousser « son » message vers le récepteur de « son » choix. La quantité astronomique de personnes qui utiliseront cette technologie dans l’avenir obligera certaines directions ou autorités à décloisonner leurs règles, j’en suis fortement convaincue. Dans son article scientifique, « Lock Down on the Third Screen: How Wireless Carriers Evade Regulation of Their Video Services », Robert Frieden utilise d’ailleurs une judicieuse métaphore pour qualifier le pouvoir qui se cache derrière ce troisième écran. Il le compare, et résume son utilisation à celle d’un simple couteau suisse.

Wireless handsets have begun to function more like mobile computers providing consumers a third screen alternative to televisions and larger desktop and laptop computers. […] The Wireless third screen has the potential to offer users mobile access to everything the Internet can provide […] Wireless handsets have become an electronic Swiss Army knife capable of exploiting ICE convergence and easily toggling between first, second, and third generation Wireless functions. […] the Wireless handset can switch between legacy functions and new features that can convert the handset into a mobile computer terminal, television set, and platform for access to most multimedia content. (Frieden, Robert. 2009. 1-5.)

Mais comment un si petit appareil peut remplacer et réunir plusieurs technologies et services dans le creux d'une seule main? L’expérience de M. Ward relatée dans un article du Wall Street Journal le démontre bien.

On his frequent business trips to Asia and Europe, Mr. Ward usually leaves the laptop behind in his hotel room. During visits with customers and manufacturing partners, he uses his iPhone to check his email, visit Web sites and tap into his company's accounting, shipping and customer-relationship-management records through an online service offered by NetSuite Inc. of San Mateo, Calif. When he's on planes, he watches episodes of "Lost" and "The Office" on the iPhone's 3.5-inch display, rarely cracking his MacBook Air anymore to watch DVDs -- a big plus in economy-class seating. (Wingfield, Nick. 2008.)

D’où l’on soit et où l’on va, nous sommes connectés en permanence et réceptifs à tout message. Imaginons maintenant que monsieur Ward, qui est un adepte du marketing internet, décide de participer à un colloque qui se tient au Québec sur le sujet. Durant le vol qui le mène à Montréal, il sort son téléphone pour découvrir le portrait des spécialistes qu’il entendra. Il découvre Michelle Blanc, blogueuse réputée du Québec, et décide d’en savoir davantage à son sujet. Il s’inscrit donc à son blogue et à son Twitter bien entendu. Il arrive à destination à 16 h et se dirige vers son hôtel, hôtel qu’il avait choisi et réservé par Internet, il en va de soi…

Michelle Blanc, de son côté, assiste à la première du spectacle Totem du Cirque du Soleil. Fascinée par la beauté de ce qu’elle voit, elle sort son iPhone et décide de prendre quelques images et vidéos qu’elle expédie virtuellement à ses fans.

Monsieur Ward, qui débarque à Montréal pour la première fois et qui ne sait trop quoi faire des deux prochaines soirées, reçoit sur son Smartphone ces commentaires de Michelle :

Premier message de Michelle Blanc qui commente en direct
le spectacle Totem du Cirque du Soleil sur Twitter.

Vous pouvez suivre les échanges en cliquant sur les liens ci-dessous.

(Blanc, Michelle. 2010.)

Le show Totem du Cirque du Soleil va débuter = wouhouhou
http://twitter.com/MichelleBlanc/status/13036568565
1iere portion de Totem http://twitpic.com/1j7sr1
http://twitter.com/MichelleBlanc/status/13036947373
3e portion de #Totem http://twitpic.com/1j7v51
http://twitter.com/MichelleBlanc/status/13037418225
4e portion de #totem http://twitpic.com/1j7wbl
http://twitter.com/MichelleBlanc/status/13037637415
Les asiatiques sur monocycles a#totem sont trop cute et bonne
http://twitter.com/MichelleBlanc/status/13037890554
Photo #totem jonglerie http://twitpic.com/1j816o
http://twitter.com/MichelleBlanc/status/13038580180
Photo jonglerie 2 #totem http://twitpic.com/1j83vz
http://twitter.com/MichelleBlanc/status/13039113614
Acrobates #totem http://twitpic.com/1j856q
http://twitter.com/MichelleBlanc/status/13039371430
Entracte de #totem et jusqu’à présent : WOW quel spectacle et la foule qui grippe sur le CH en même temps
http://twitter.com/MichelleBlanc/status/13041472685
Les clowns #totem http://twitpic.com/1j8il2
http://twitter.com/MichelleBlanc/status/13041953968
Show son Lumière jonglerie #totem http://twitpic.com/1j8np7
http://twitter.com/MichelleBlanc/status/13042891422
Que dire de #totem? Lepage les artistes costumes éclairage musique scenographie tout etait parfait et merveilleux
http://twitter.com/MichelleBlanc/status/13045455291

Monsieur Ward reçoit aussi des extraits vidéo transmis par le iPhone de madame Blanc.

Extrait vidéo du spectacle Totem du Cirque du Soleil,
pris par Michelle Blanc avec son iPhone, lors de la conférence de presse.
Pour visionner la vidéo, cliquez sur ce lien :

http://www.dailymotion.com/video/xcw1z5_cirque-du-soleil-totem-extrait-du-s_creation#from=embed?start=2


Grâce à cette technologie, monsieur Ward a découvert et suivi en direct l’évolution d’un spectacle qu’il ne connaissait pas et qui, selon les commentaires qu’il en tire, vaut vraiment le déplacement. Sans hésitation, il prend son téléphone, recherche la billetterie en ligne qui lui permettra d’acheter son billet et de réserver son fauteuil pour le lendemain.

Permettre ou non l’utilisation de téléphones intelligents durant les spectacles?

Comme je le mentionnais un peu plus haut, l’ampleur que prend cette nouvelle technologie transformera notre façon de faire et obligera sans doute la modification de certaines règles. Par exemple, l’interdiction de filmer ou d’utiliser son téléphone lors de prestations culturelles. Devrait-on permettre ou non l’utilisation de téléphones intelligents durant les spectacles? (Blanc, Michelle. 2010. http://www.michelleblanc.com/category/web-mobile/) Je crois que oui, tout comme le suggère Michelle Blanc, blogueuse professionnelle dont je reconnais tout particulièrement le travail de défrichage et d’éducation qu’elle effectue plus précisément en matière de Web 2.0.

Le téléphone au service de la culture et du tourisme

L’industrie touristique a déjà emboité le pas en ce qui concerne l’utilisation du téléphone intelligent pour mousser ses activités et faciliter la découverte de leur territoire par les utilisateurs de cette technologie. La Normandie a vu son industrie touristique recevoir un coup de pouce à ce niveau avec une toute nouvelle application développée pour être utilisée de concert avec les téléphones intelligents du type iPhone ou Blackberry. (Canoé. 2010.) Imaginez si en plus, on permettait aux consommateurs de commenter en direct leur découverte. Ou si, à tout le moins, l’industrie développait ses propres applications, plus restrictives peut-être, mais qui augmenterait encore plus la visibilité et le travail de ses artisans. Ce serait sûrement une formule gagnante!

Une application sur votre téléphone intelligent
vous guidera à travers la Normandie.
Pour l'obtenir, allez à cette adresse :
http://www.seine-maritime-tourisme.mobi/

Accompagnons l'effet «millenials» !


Les entreprises et les professionnels de la communication n’ont d’autres choix que de s’adapter à la génération « millenials », celle qui désigne la génération Y ou numérique, des individus nés entre 1980 et 1990, car selon une étude récente réalisée par Symantec sur 200 responsables technologiques en entreprise […] près d’un « millénial » sur deux communique avec ses collègues par messagerie instantanée, contre moins d’un sur quatre parmi les professionnels plus âgés. (Mailhes, Laetitia. 2008)

Déjà que la génération montante privilégie cet outil technologique dans ces communications, elle le fera encore plus avec toutes les applications qui s’y ajoutent au fil des jours. Dans le journal Le Devoir du 31 décembre 2009 on pouvait lire un article qui titrait : « L'“app”, application pour téléphone intelligent » : Un objet « dématérialisé » qui modifie la façon de communiquer, de s'informer, de travailler, de jouer, de cuisiner... (Deglise, Fabien. 2009)

À la mi-décembre, soit près d'un an et demi après son ouverture dans les univers virtuels, l'AppStore, le magasin en ligne du géant américain de l'informatique et artisan hégémonique de cette prolifération d'applications en format mobile, a franchi en effet la barre des 115 000 applications mises à la disposition des accros du portable. Il n'en existait que 500 à son ouverture.

Le rythme est effréné. Désormais, les 30 millions de consommateurs qui fréquentent ces lieux — c'est quatre fois la population du Québec — s'exposent à près de 8000 nouveaux programmes chaque mois, au-delà de 260 par jour. Des « apps » qui cherchent à s'immiscer dans toutes les strates de la culture (jeux, diffusion de films, visite de musée, écoute de la télé, lecture du dernier bouquin à la mode ou du quotidien du coin), mais aussi de l'activité humaine (socialisation en ligne, gestion d'équipement à distance, appel d'un taxi). (Deglise, Fabien. 2009)

Bien plus que l’outil ou la technologie dont il est question dans cet essai, nous devons en plus envisager toutes les potentialités qui paveront les nouvelles autoroutes de l’information grâce aux diverses applications qui découleront de cette technologie et à l’usage qu’en feront les utilisateurs.

Qu’on le veuille ou non, le téléphone intelligent nous ouvre à de nouvelles avenues et l’autorisation de son utilisation dans les salles de spectacle ou dans certains événements culturels devrait être considérée. Reste à voir s’il monopolisera notre quotidien par la surcharge informationnelle qu’il générera, mais une chose est d’ores et déjà évidente, il participe à la transformation de l’univers des communications publiques à un point tel que nous voyons poindre un nouveau paradigme à l’horizon.

BIBLIOGRAPHIE

Blanc, Michelle. 2010. Cirque du Soleil, première et médias sociaux. [En Ligne] http://www.michelleblanc.com/2010/04/29/cirque-du-soleil-premiere-medias-sociaux/. Consulté le 29 mai 2010.

Blanc, Michelle. 2010. Permettre ou non l’utilisation de téléphones intelligents durant les spectacles? [En Ligne] http://www.michelleblanc.com/category/web-mobile/. Consulté le 29 mai 2010.

Canoé. 2010. Application GPS. La Normandie facilement avec un téléphone intelligent. Canoe.ca. 22/03/2010 [En Ligne] http://www.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2010/03/20100322-150111.html. Consulté le 29 mai 2010.

Deglise, Fabien. 2009. L'« app », application pour téléphone intelligent. Journal Le Devoir. [En Ligne] http://www.ledevoir.com/societe/science-et-technologie/280292/l-app-application-pour-telephone-intelligent. Consulté le 28 mai 2010.

Dicodunet. 2010. Téléphone intelligent – Smartphone. [En Ligne]. http://www.dicodunet.com/definitions/multimedia/telephone-intelligent.htm Consulté le 29 mai 2010.

Frieden, Robert. 2009. Lock Down on the Third Screen: How Wireless Carriers Evade Regulation of Their Video Services. Conference Papers – International Communication Association. Communication & Mass Media Complete. p1-34 (En ligne) http://search.ebscohost.com/login.aspx?direct=true&db=ufh&AN=45286928&lang=fr&site=ehost-live. Consulté le 28 mai 2010.

Lardellier, Pascal. 2006. Le pouce et la souris: enquête sur la culture numérique des ados. Paris : Fayard, pp. 37-50.

Mailhes, Laetitia. 2008. « La génération numérique transforme l'entreprise ». Les Échos.fr. [En Ligne]. URL: http://www.lesechos.fr/management/actu/4743233.htm. Consulté le 29 mai 2010.

Wikipédia. 2010. [En Ligne] http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A9l%C3%A9phone_intelligent. Consulté le 28 mai 2010.

Wingfield, Nick. 2008. Time to Leave the Laptop Behind. The Wall Street Journal. Oct. 27, 2008; [En Ligne] http://online.wsj.com/article/SB122477763884262815.html. Consulté le 29 mai 2010.